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Identifier un numéro

Usurpation de numéro de téléphone : que faire en Belgique

Votre numéro s'affiche chez des inconnus : il est copié, pas piraté. Les cinq démarches belges, le blocage des appels depuis 2024 et ses limites réelles.

ParMaxime D.6 min de lecture
Usurpation de numéro de téléphone : que faire en Belgique

Non, personne ne peut empêcher un fraudeur d'afficher votre numéro, et votre ligne n'a pas été piratée. Depuis 2024, les opérateurs belges bloquent pourtant les appels venus de l'étranger qui affichent un numéro belge. Ce qui vous revient : noter chaque appel signalé, prévenir votre opérateur, et ne rappeler personne.

Un numéro copié n'est pas un numéro piraté

L'usurpation de numéro, ou spoofing, consiste à faire apparaître sur l'écran de l'appelé un numéro qui n'est pas celui de l'appelant. Votre téléphone n'a pas été touché. Votre carte SIM non plus. Le fraudeur a simplement déclaré votre numéro comme le sien, et le réseau l'a transmis tel quel.

C'est pour cela que personne ne peut vous l'ôter. En février 2022, un communiqué de l'IBPT et du Centre pour la cybersécurité Belgique parlait déjà de centaines de milliers d'appels frauduleux détectés en quelques jours, et reconnaissait que le titulaire d'un numéro usurpé peut ignorer qu'on l'utilise. Il ne donnait aucune consigne pour ce titulaire-là. Le vide existe toujours.

Où votre numéro apparaît-il, et chez qui ?

Trois situations se ressemblent et ne se traitent pas de la même façon.

Ce que vous constatezCe qui se passeVotre marge d'actionQui prévenir
Un numéro belge inconnu vous appelleUn fraudeur affiche un numéro belge qui n'est pas le sienNe rappelez pas, ne donnez aucun codeVotre banque si des données ont été transmises
Des inconnus vous rappellent en disant que vous les avez appelésVotre numéro sert d'affichage dans une campagneAucune sur le réseau, hors signalementVotre opérateur, puis le point de contact belge pour les fraudes
Votre propre numéro s'affiche sur votre écranMême technique, mais aucune source belge consultée ne chiffre ce casNe décrochez pas, ne rappelez pasVotre opérateur

Le deuxième cas est celui qu'on vit le plus mal. On se retrouve à expliquer à un inconnu furieux qu'on ne l'a jamais appelé.

Que faire, étape par étape, si votre numéro est usurpé ?

Comptez une demi-heure en tout, sans frais, pour les quatre premières démarches.

  1. Notez les appels signalés (5 minutes). Date, heure, numéro qui vous a rappelé, capture du journal d'appels. Sans ces trois éléments, ni votre opérateur ni un point de contact ne peut remonter la trace d'un appel.
  2. Prévenez votre opérateur (10 minutes). Chez Proximus, qui exploite ses propres réseaux cuivre, fibre et mobile, l'agent relève votre numéro, le numéro prétendument appelé et l'heure, puis transmet le dossier à l'équipe anti-usurpation (billet Proximus du 28 avril 2022). Je n'ai trouvé aucune procédure équivalente publiée par Telenet, dont le câble dessert la Flandre et Bruxelles, ni par Orange, qui ajoute le câble wallon hérité de VOO à son réseau mobile. Cela ne prouve pas qu'elle n'existe pas : demandez le service fraude.
  3. Signalez sur le point de contact belge (10 minutes). Le site pointdecontact.belgique.be réunit l'AFSCA, l'AFMPS, le SIRS, la Police fédérale, le SPF Finances et le SPF Économie. Il donne un avis sur mesure et oriente vers la bonne instance.
  4. Transférez les SMS et e-mails suspects à suspect@safeonweb.be (2 minutes). Safeonweb ne traite pas les appels vocaux.
  5. Portez plainte à la police seulement si vous avez un préjudice : harcèlement répété, argent perdu, données communiquées.

Les opérateurs bloquent-ils vraiment ces appels ?

En partie. L'arrêté royal du 12 mai 2024, publié le 13 juin 2024, impose de bloquer les appels internationaux qui utilisent un numéro belge pour joindre un numéro belge. Le calendrier a été étalé, et la liste de ce qu'il ne couvre pas est plus longue que ce qu'on imagine.

DateÉtapeÉcart avec l'étape précédente
13 juin 2024Publication de l'arrêté royal du 12 mai 2024départ
1er septembre 2024Blocage obligatoire pour les numéros fixes80 jours
1er décembre 2024Blocage obligatoire pour les numéros mobiles91 jours
1er juillet 2026Publication de la communication de l'IBPT du 26 juin 2026 sur la mise en œuvre577 jours

Source : page de l'IBPT sur l'arrêté anti-spoofing et sa communication du 26 juin 2026. Écarts calculés par nos soins.

Selon l'IBPT, l'arrêté laisse de côté quatre familles d'appels : les SMS, les appels passés depuis la Belgique, tous les appels reçus de numéros étrangers, et les appels reçus à l'étranger en itinérance. Quatre exceptions subsistent, uniquement pour les numéros géographiques : la téléphonie sur internet nomade, la conférence téléphonique, le support client et le marketing téléphonique hébergés dans le cloud. Quand un opérateur ne fournit pas l'identité d'un utilisateur que l'IBPT lui demande, il doit bloquer tous ses appels entrants dans les 24 heures.

Les chiffres donnés par CallMePower, relevés le 24 août 2026, mesurent l'ampleur : en 2025, Proximus et Telenet auraient bloqué 72 millions d'appels, et Telenet, Proximus et Orange 33 millions de SMS frauduleux (CallMePower). Dans les cas que l'arrêté ne vise pas, le régulateur lui-même écrit, sur sa page consacrée à la fraude, qu'aucune solution efficace n'existe encore.

La liste do-not-originate vous protège-t-elle ?

Non, pas vous. Elle protège les numéros d'entreprises qui n'émettent jamais d'appels : lignes d'assistance, services clients, numéros anti-fraude imprimés sur les cartes bancaires. Le blocage se fait dans le réseau, donc le téléphone du destinataire ne sonne pas.

Le parcours du dispositif tient dans un calendrier. Consultation publique du 15 janvier au 7 mars 2025. Le 20 mai 2025, l'IBPT juge l'intérêt limité et renonce. Le 30 mai 2026, 375 jours plus tard, le gouvernement approuve la mesure. Au 24 août 2026, soit 86 jours après, CallMePower constatait qu'aucun guichet public d'inscription n'était ouvert.

Un indépendant qui utilise son mobile professionnel pour ses appels sortants n'y a pas sa place, puisque la liste exclut tout numéro réellement utilisé pour émettre.

Faut-il changer de numéro ?

Presque jamais.

Le fraudeur choisit ses numéros dans des listes, ou les fabrique au hasard : si le vôtre disparaît, il passe au suivant, et vous aurez perdu un numéro que vos proches, votre banque et vos comptes en ligne connaissent. Je n'ai relevé aucun tarif public de changement de numéro chez Proximus, Orange ou Telenet, à demander avant toute décision. Gardez ce recours pour les cas où les rappels deviennent du harcèlement au quotidien et où le point de contact et la police n'ont rien pu faire.

Cinq erreurs qui aggravent la situation

  • Rappeler les numéros qui vous ont appelé en absence : certains mènent vers un numéro surtaxé, détaillé dans notre barème des numéros surtaxés.
  • Répondre aux gens qui vous rappellent par colère : Proximus déconseille de jouer avec les arnaqueurs, parce qu'une réponse leur apprend quelque chose sur vous.
  • Garder un mot de passe déjà communiqué, surtout s'il sert ailleurs.
  • Attendre la facture pour réagir : chez la plupart des opérateurs, un appel surtaxé n'apparaît qu'au relevé suivant.
  • Inscrire votre numéro sur la liste « Ne m'appelez plus » en pensant arrêter ces appels : elle vise le démarchage commercial, pas la fraude, comme le détaille notre guide sur la liste « Ne m'appelez plus ».

Pour l'appelant inconnu, notre guide sur le numéro inconnu qui appelle donne la marche à suivre. Le blocage sur téléphone est détaillé dans bloquer un numéro sur iPhone et Android, et la lecture d'un préfixe dans indicatif Belgique. Si la ligne elle-même pose problème, notre classement des opérateurs mobiles permet de repartir d'une base propre.

Sources : IBPT (arrêté royal du 12 mai 2024 et communication du 26 juin 2026), communiqué de presse IBPT et Centre pour la cybersécurité Belgique du 16 février 2022, Police locale (conseils sur le spoofing), Safeonweb (novembre 2022), Proximus (billet du 28 avril 2022), Point de contact belge pour les fraudes, CallMePower (24 août 2026).

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Questions fréquentes

Non. L'usurpation consiste à faire afficher un numéro que l'appelant ne possède pas, ce qui ne demande aucun accès à votre ligne ni à votre carte SIM. Votre téléphone, votre abonnement et votre messagerie restent intacts. Le seul effet visible est que des inconnus vous rappellent en croyant que vous les avez appelés.

Oui, à la police, mais la plainte prend tout son sens si vous avez subi un préjudice : harcèlement, argent perdu, données transmises. Pour un simple signalement, le point de contact belge pour les fraudes, pointdecontact.belgique.be, donne un avis sur mesure et oriente vers l'instance compétente. Prévenez aussi votre opérateur, qui peut ouvrir un dossier sur les appels concernés.

En principe non, pas à votre demande. Proximus expliquait en 2022 qu'il ne peut pas bloquer des plages de numéros sans motif valable, et que les numéros signalés à répétition sont seulement marqués comme frauduleux sur d'autres téléphones. Le blocage systématique existe depuis 2024, mais il vise les appels venus de l'étranger qui affichent un numéro belge, pas une plainte individuelle.

Non. Depuis le 1er septembre 2024 pour les fixes et le 1er décembre 2024 pour les mobiles, les opérateurs doivent bloquer les appels internationaux qui affichent un numéro belge, mais l'arrêté prévoit des exceptions (téléphonie sur internet nomade, centres d'appels hébergés dans le cloud) et ne couvre pas les SMS. Un doute sur l'appelant se règle en raccrochant et en rappelant le numéro officiel.

Contactez votre banque immédiatement et, si une carte est concernée, Card Stop au 078 170 170, numéro cité par Safeonweb. Changez tout mot de passe que vous avez communiqué, y compris ailleurs s'il y est réutilisé, puis portez plainte à la police. Chaque minute compte pour bloquer un virement, bien plus que la recherche de l'appelant.

Pas avant d'avoir vérifié le préfixe. Un numéro étranger ou une sonnerie unique est la porte d'entrée d'un rappel vers un numéro surtaxé. Un numéro belge ordinaire, lui, peut être légitime : cherchez-le d'abord dans un annuaire fiable, et ne communiquez rien au téléphone tant que vous n'avez pas confirmé l'identité de l'appelant par un autre canal.

Maxime suit le marché télécom belge depuis dix ans. Il épluche les grilles tarifaires de Proximus, Orange, Telenet, VOO, BASE et des MVNO pour traduire le jargon (VDSL, câble, Easy Switch, 4play) en conseils utilisables.